Un jeune, un patron, une montagne à gravir
Une image forte pour embarquer
Ils étaient huit.
Tous chaussés pour la randonnée, mais visiblement pas pour le même voyage.
Quatre jeunes, un peu perdus, le regard gêné, pas vraiment intimidés, venu sans trop savoir ce qu’ils faisaient là.
Quatre dirigeants pressés, un agenda plein, le mental blindé, certainement plus à l’aise dans une salle de réunion qu’en rando avec des inconnus.
Et entre eux, une montagne.
À gravir, bien sûr, mais surtout à traverser symboliquement, intérieurement.
Jour 1 – La montée du silence
La première rencontre ? Un simple pique-nique pizza. Des regards se croisent furtivement, des portables dégainés plus vite que des poignées de main, et cette question muette : qu’est-ce que je fous là ? C’est vrai. À 17 ans, lorsqu’on vit en foyer, que l’on se réveille avec TikTok et que l’avenir paraît flou, imprécis, presque inaccessible, l’idée de marcher plusieurs jours en montagne avec des chefs d’entreprise peut sembler totalement absurde.
Et à l’inverse, lorsqu’on dirige une entreprise, que l’on compte son temps et qu’on a l’habitude d’interactions cadrées, se retrouver à randonner avec des jeunes cabossés par la vie relève du défi inhabituel, un OVNI dans l’agenda !
Et pourtant, … la magie opère.
Quelques consignes données par la coach pour faciliter les rencontres. Juste en marchant, le souffle court, les cailloux sous les pieds, la nature brute. Et peu à peu, les masques tombent un à un.
L’addiction invisible
Depuis le départ, l’absence de wifi angoisse deux jeunes, qui semblent prisonniers de leur téléphone, absorbés par l’écran au point d’en devenir absents au monde. Les réseaux sociaux rythment 20h sur 24 de leur journée. Une réalité difficilement compréhensible pour des patrons qui se sont rendus pleinement disponibles, qui ont mis leur quotidien en pause pour venir à la rencontre de ces jeunes.
Et pourtant, derrière l’écran, des blessures. Des jeunes livrés à eux-mêmes, pour qui le smartphone est à la fois un refuge et une illusion.
L’une se crée son montrer ou maquillage et perruque sont de mises. L’autre panique à l’idée de perdre ses flammes Snapchat à cause du réseau inexistant.
Les adultes silencieusement s’exaspèrent ; Se questionnent sur les enjeux de cette « addiction » dans un job ; S’inquiètent des conséquences de la place de cette fausse réalité numérique.
Ce constat met en lumière une vérité brute : quand on est absorbé par un écran, on se ferme sans s’en rendre compte, on cesse de voir et d’écouter, on n’est plus disponible aux autres, ni à l’instant.
Comme le dit sobrement l’un des dirigeants :
“Être scotché à son téléphone, c’est aussi fermer la porte à la rencontre. Ça limite l’envie d’aider.”
Pas un reproche, juste un constat lucide. Le lien est possible, mais encore fragile. Et cependant ce qu’il faut comprendre, c’est que ce téléphone même s’il est addictif est aussi « rassurant » dans notre contexte car rassurant pour ces jeunes éloignés de leur repère habituel.
Le sommet et les failles
Objectif sommet à 3050 m. Aucun ne l’atteindra.
L’une des jeunes s’effondre à quelques kilomètres du but, exténuée, à bout de souffle, au bord des larmes. Une autre hésite longuement à monter, car elle capte enfin du réseau et s’angoisse à l’idée de perdre son rythme virtuel. Heureusement le doute laisse la place au dépassement de soi
L’ascension est lente, les encouragements fusent, les gestes solidaires se multiplient. Le groupe est déterminé. A quelques centaines de mètres du sommet, notre guide décide de stopper l’ascension. car la route est encore longue pour rejoindre notre refuge pour la nuit
Et pourtant, tous jeunes et patrons, à leur façon, ont gravi leur montagne. Ils ont dépassé leur limite !
Pas nécessairement celle que l’on voit sur les cartes, mais celle que chacun porte en soi.
Plus qu’un effort physique, un déplacement intérieur
Il y a cette jeune fille au caractère de feu, qui râle, boude, jure du départ à l’arrivée de la deuxième journée. Une fois au refuge, elle change de visage, se met à discuter avec les inconnus ; en quelques minutes elle se fait « adopter » , elle s’inscrit dans leur vie des gardiens du refuge; Le soir venu, elle lance, dans un sourire presque surpris :
“Je vais pas regretter la rando, parce que marcher, franchement, c’était nul. Mais j’ai rencontré quelqu’un de super au refuge. Et ça, ça valait le coup.
Et Toi, je t’ai vraiment raconté ma vie.”
Et puis, il y a ce garçon au passé cabossé, qui garde ses distances et ses douleurs bien serrées. Lorsqu’on lui demande comment l’aider, il répond sans détour :
“On peut pas. Ma réussite, elle doit être à moi.”
Une phrase simple, dure, mais d’une dignité bouleversante.
Autour du feu – Déposer ce qui pèse
On pourrait faire un feu, et manger des chamallows ?
L’idée est lancée : chacun charge son sac depuis le matin d’une buchette à laquelle il a associé un poids intérieur. Le feu allumé, chacun se libère de son poids dans le feu. Un geste concret, chargé de sens. Une libération discrète.
Les dirigeants racontent leur premier job, leur galère, les hasards heureux.
Les jeunes écoutent avec attention. Ils réalisent que ces « réussites » ont aussi commencé avec des doutes, un stage demandé au culot, un merci inattendu. Cela ouvre à chacun une perspective que c’est possible…
L’un des jeunes résument :
« Si je comprends bien , j’ai le droit de demander de l’aide. Ça n’enlèvera rien au fait que ma réussite, sera quand même la mienne.”
Le retour – Une trace indélébile
Avant de se quitter, chacun rédige une carte postale à soi-même. Dans 6 mois tu recevras ta carte postale avec des mots que tu t’adresses pour te rappeler de ce moment, et ce que tu auras osé faire ou oser devenir. Elles sont sur mon bureau, prête à être postées.
Et puis, le quotidien reprend. Les téléphones ont repris leur droit, Les boîtes mail attendent les patrons. Mais il reste autre chose. Un lien. Un regard neuf.
Et puis il y a une main tendue pour aider une jeune à son inscription au CFA, une proposition d’y aller ensemble le premier jour. Un échange de numéro de téléphone avec cette phrase : « tu as mon numéro, appelle-moi quand tu es prête, je serai là ? «
Peut-être que ce geste ne changera pas tout…. Ou peut-être que si.
Mais une chose est certaine : aucun d’entre eux ne redescend tout à fait comme il était monté.
H3 : Et vous ?
Quand est-ce que vous avez gravi une montagne ? Et si, vous alliez marcher avec ceux que vous souhaitez aider plutôt que de remplir des formulaires ?
Et si, au lieu de dire « il faut », vous osiez juste être là, côte à côte, sans masque, sans rôle, face à la montagne ?
Parfois, un pas de côté peut changer toute une trajectoire.
Un jeune, un patron 2025
Rendez-vous en septembre pour découvrir le film, prolonger l’histoire… et peut-être aller encore un peu plus haut.






